En Bretagne, lors d’une dépression, j’ai souvent fait l’expérience, entre les prévisions et la réalité, le vent est souvent plus fort, surtout dans les risées. En fait, dans un anticyclone, c’est l’exact opposé : le vent est souvent plus faible que prévu, surtout dans « les molles ». Du coup, sous certains nuages, on se retrouve dans des trous d’air, où il n’y plus que 2-3 nds de vent. Et la pétole, c’est déjà pas « le fun » sur un voilier à taille humaine, mais alors sur un Ultim… ! Entres les coques qui tapent, comme mortes, sous l’effet de la houle mais surtout des voiles en composites de plus de 300 kilos chacune qui faseillent : c’est l’horreur ! Heureusement, le moindre souffle d’air relance la machine, avec son mat qui culmine à 37m de haut !

Tous les appendices qui peuvent être sortis de l’eau sont relevés, et nous avons en moyenne 8nds de vent, ce qui nous fait évoluer de 5 à 18nds de vitesse, mais pas toujours dans la bonne direction !

Vu que la météo ne reflète plus la réalité du plan d’eau, tout comme la plupart des indicateurs de vent à bord, Yves et Alex barrent beaucoup en observant le plan d’eau et les voiles, à l’ancienne !

La mer, chaque nuage, sont analysés par l’expérience des marins. Dans ces conditions, avec les répétitions qui s’accumulent, ils empannent comme sur un Hobbie 16 ! Une vraie chorégraphie, à chercher la moindre risée. Mais ils ont besoin d’être deux à la manœuvre, ce qui n’est pas de tout repos, vu le rythme des empannages !

Nous avons encore minimum 48 heures à avancer comme ça. Pendant ce temps, Macif cavale vers l’ouest. Qui sera gagnant dans cette lutte du contournement de l’anticyclone ? Gitana, c’est évident : ils ne vont pas tarder à rentrer dans les alizés : ça va faire mal !

En tout cas sur Actual Leader, le combat de longue haleine continue, les mecs ne lâchent rien : chaque souffle de vent est exploité à son maximum !