Et encore, moi j’étais « à la cool » à regarder Yves et Alex wincher et manœuvrer presque non-stop pendant 24 heures !

Mais les efforts ont payé, ce fut une bonne opération pour nous, je crois qu’on est revenus de presque 100 milles sur le reste de la flotte.

Et le final, au lever de lune, était magique. De voir enfin les étoiles devant et la lune se frayer un chemin à travers le dernier grain mutant derrière… une sensation de libération et de victoire, enfin sortis des griffes du monstre !

Nous sommes maintenant au « reaching », à fond, tout droit vers Rio. Et vous savez quoi ? Et bien le « reaching », c’est assez insupportable, surtout à fond de cale ! Je fais des bons dans tous les sens devant le clavier, la machine est parfaitement réglée, on ne l’arrête plus !

Le seul endroit où on pourrait être bien, c’est dans la bannette, mais la chaleur est insupportable. D’ailleurs ma « cave » commence à sentir le fauve ! Je vis même avec les poubelles de bord. Il faudrait que je me motive à les envoyer vers l’avant, à l’emplacement prévu mais il faut se faufiler dans un goulot étroit, puis le long de la dérive centrale,  dans les entrailles de la bête. Hors de question de faire ça maintenant, à 28-30nds sur un champs de bosses, je vais finir incrusté dans le carbone !

Nous avons passé l’équateur, moment symbolique…je dormais ! En même temps, à eux deux, ils l’ont passé plus de 30 fois, sur tout type de bateaux. La routine quoi. Et puis moi je l’ai déjà franchi en vélo, au Gabon, avec mes collègues de Lost in the Swell – Yves m’a dit que ça, c’était « la classe » !

En tout cas le bateau a l’air en pleine forme et les marins récupèrent doucement leur sommeil. A chaque fois que je monte dans la cabane, il y en a un qui ronfle « comme un mammouth sous prozac ». J’ai même pris le temps de nous faire un gros plat de pâtes au thon, ça fait du bien !

D’ailleurs, il faut que j’arrête de me plaindre, on est bien ici, au calme et au chaud… Vu ce qui nous attend à Rio (du vent bien fort) et le scénario pourri qui se profile vers l’Afrique du sud, on n’est pas au bout de nos aventures !