Au passage de la pointe « Cabo Frio », avant de virer vers Rio, il y avait un « front à passer »… En gros, un changement météo instable, dans une mer « en chantier », mal rangée.

Ça a commencé de jour par de la pétole, scotché sans vent, avec des gros nuages au fond qui nous fuyaient… Toutes voiles dehors, une fois la nuit tombée  – sans lune – le vent est monté. Ils ont passé au crible presque toutes leurs voiles et configurations, et ça leur a pris la nuit entière !

C’est dans ce genre de moment que je me rends compte qu’ils font un super duo : bravo les gars.

Et cet après midi, enfin nous arrivons à Rio ! C’était notre objectif principal depuis 10 jours. Depuis le temps qu’on en parle, on s’était fait des films : un beau virement devant la plage de Copacabana ? Peut-être la silhouette du Corcovado ? d’un string ficelle à l’horizon ? l’odeur du monoï ? De la Samba ? un petit quelque chose « Do Brazil » quoi ! Je me voyais déjà immortaliser la scène avec un petit coup de drone… Tu parles !

Brouillard à couper au couteau, vieille pluie mutante, froid glacial en ciré… visibilité 100m maxi par certains moments…à tel point qu’on a dû affaler la voile d’avant, tellement c’était chaud : on ne voyait RIEN! On a cru apercevoir 3 buildings, les odeurs de poubelles, 2-3 canettes de coca qui flottent dans de l’eau marron… et basta !

C’est peut-être mieux qu’on n’ait pas débarqué, on serait sûrement tombés sur un gros relou en mode : « Et bééé, le brestois, le breton, tu as ramené la pluie !?! » grrr, moi ça m’a un peu sapé le moral !

Mais Yves et Alex, eux, ils s’en foutent, il faut dire que les îles Cagaras sont super jolies et dans la brume, ça avait un côté mystique.

Bref, prochaine marque à 3260 milles ! Là on se prépare pour 4 jours minimum de près qui tape, dans la brise, sur le hachoir en carbone ! Wahou !