Hier soir, Macif nous a vite rattrapés… ce qui a survolté Yves & Alex. Moi qui suis l’anti-thèse du compétiteur, j’ai découvert chez eux un « lourd » passif de régatier : malgré le déficit de performance face à Macif, tout frais sorti du « pit stop » de Cape Town, ils se sont donnés à fond !

Et ils ont tenu à distance François et Gwenolé toute la nuit. Au p’tit matin, un empannage un peu tardif… et paf, le trimaran bleu repasse devant ! Pas contents, qu’ils étaient mes gaillards, après je ne sais combien d’empannages dans la nuit…

Yves lance un « on a perdu la 1ère bataille du Macif, mais pas la guerre » et va se coucher… pour mieux attaquer toute la journée ! Je les sens plus à l’aise en position de chasseur que de chassé : c’était reparti pour une régate bord à bord, après plus de 10 000 milles de course !

Le tout en longeant le désert du Namibie, paysage époustouflant vierge de tout, mais tactique : En effet, l’eau est gelée (un courant froid remonte de l’Antarctique le long de la côte) et le désert est froid la nuit, hyper chaud le jour. Ce qui crée des vents thermiques impressionnants.

La fin de nuit est nuageuse, brumeuse, avec très peu de vent, offshore (Est) à la côte. La fin de journée est « cristalline », sans le moindre nuage, avec un vent de sud-ouest établi.
Moi, je suis aux anges à chaque fois qu’on empanne à la côte : en effet cela fait des années que je rêve de parcourir cette côte inaccessible, qui abrite les meilleurs spots de surf de la planète…

La configuration est unique au monde : d’un côté, le désert de Namibie donc, qui pousse ses dunes, du sable avec force dans l’océan. De l’autre, les grosses houles de sud-ouest, qui remontent de l’antarctique. À chaque pointe orientée nord, la houle s’enroule sur ces bancs de sable inépuisables. Cela crée un shore break, une vague de bord, mais qui s’enroule sur… plusieurs kilomètres !! Je vous conseille de taper « surf Skeleton coast : Koa Smith» sur YouTube : le spectacle est incroyable, surtout quand la caméra est avec le surfer !

J’étais donc aussi un peu frustré de ne pas m’arrêter ! J’espère pouvoir revenir un jour ici, avec mes potes de « Lost in the swell ». D’ailleurs, j’étais pas le seul à penser aux vagues : Yves et François ont échangé un peu sur la messagerie « Telegram » aujourd’hui, c’était « attention les cartes sont fausses à la côte », puis François de dire : « bon spot de surf pour Ronan / Lost in the swell » suivi des coordonnées GPS…

Nous sommes également passés devant « Luderitz » et son plan d’eau fermé, lieu de l’actuel record de vitesse à la voile.

Il y a beaucoup de vie dans ces eaux, plusieurs espèces de dauphins, des bancs de thons énormes et une quantité hallucinante d’otaries !! Heureusement qu’on ne navigue pas trop vite, les bestioles ont une fâcheuse tendance à faire la sieste en surface ! De loin on croit voir des oiseaux. En se rapprochant, ce sont leurs petites queues à la surface, quand ils dorment. Il y en a partout : je me suis retrouvé à l’avant du trimaran -comme un pt’it vieux dans un parc avec les pigeons- : « allez, ouste, bougez de là, finie la sieste, zouuu !!! »

Voilà pour cette journée de fou. A demain pour les résultats du « match-race de la Skeleton Coast », à l’heure où j’écris ces lignes, nous sommes revenus à 5 milles derrière Macif… ! »

Ronan GLADU