Yves le Blevec avait prévenu avant leur départ : « Nous n’avons pas le bateau le plus récent, ni le plus rapide mais il est éprouvé… Nous chercherons à le préserver mais à saisir aussi toutes les opportunités. » Et ils l’ont fait. La première semaine de course engagée annonçait 4 semaines à suivre, éprouvantes.

Yves le Blevec et Alex Pella ont rencontré toutes les conditions, vents forts, mer très formée, grains violents, houle, mais ACTUAL LEADER a été le seul Ultim à ne pas avoir eu besoin de faire d’escale technique. L’Ultim d’Yves et Alex a toujours été à 100% de son potentiel, mené par un skipper et un co-skipper au très grand sens marin. 16 jours après le départ, alors qu’ils entamaient la deuxième partie de la course, au large de Cape Town, ils s’emparaient de la 2è place. Jusqu’au bout, ils se seront bataillé les 2è et 3è places avec MACIF pour couper la ligne quelques heures seulement après eux.

La performance :
Yves Le Blevec : « au départ de Brest, on avait tendance à considérer que nous étions condamnés à ramasser les bouées avec notre trimaran d’ancienne génération. Au final, nous avons fourni la preuve que nous pouvions être dans le coup. Nos amis de Macif ont dû cravacher jusqu’au bout pour conserver leur deuxième place. Bien sûr, il y a eu des effets d’accordéon et nous avons été le seul bateau à ne pas faire de stop. Mais ça fait aussi partie de la course. C’était aussi notre objectif de ne rien casser de manière à pouvoir toujours utiliser le bateau au mieux de son potentiel. »

Le rythme de la course :
Yves Le Blevec : « On a réussi à tenir celui qu’on s’était fixé. Plusieurs fois, on a vu que l’on n’était pas si loin de nos concurrents. Mais nous nous étions fixés une règle : ne jamais aller au-delà des limites qu’on s’était fixées. C’est aussi ce qui explique qu’on arrive avec un bateau en si bon état. »
Alex Pella : « c’est une course très longue, très compliquée. Le bateau est très exigeant aussi bien physiquement que psychologiquement. L’essentiel c’est de rester serein, ne pas s’emballer. Dans certaines conditions, on voyait bien que nos concurrents étaient plus rapides. C’est là qu’il faut être fort mentalement, ne pas se laisser entraîner. »
Yves Le Blevec : « le bateau est très puissant, demande beaucoup. Sur une course en double, d’habitude, il y a toujours un des deux qui a pu se reposer, qui peut prendre le relais. Là, plusieurs fois, nous nous sommes retrouvés les deux à être cramés en même temps. C’est dans ces moments qu’il faut savoir rester lucide. »

Un mediaman à bord :
Yves Le Blevec : « c’est sans doute pour Ronan que c’était le moins évident. Il lui fallait trouver sa place à bord sans toucher à rien. Rectification : il a eu le droit de rouler le gennaker, une fois la ligne d’arrivée franchie… Pour lui, les conditions n’ont pas toujours été simples : je pense notamment aux deux fois où nous avons traversé l’équateur. La chaleur dans le bateau était à la limite du supportable.
Pour le reste, nous lui avons donné carte blanche, permis de filmer comme il l’entendait, sans aucun tabou. C’était la condition pour avoir quelque chose de vivant et de fidèle à ce que l’on vivait. »
Ronan Gladu : « Yves et Alex ont été aux petits soins pour moi. C’était une expérience magnifique. C’était tellement dense que j’ai parfois l’impression d’être parti, non pas 32 jours, mais 33 ans. »

Routeur, une harmonie indispensable
Yves Le Blevec : « avec Christian Dumard, on a vraiment fonctionné en totale confiance. D’abord, ses analyses sont toujours très claires, carrées. Et Christian a cette capacité de changer son fusil d’épaule, si jamais on lui dit qu’on ne sent pas son option. Du coup, les relations sont très fluides, harmonieuses. »

Le pire moment de Brest Atlantiques
Yves Le Blevec : « sans aucun doute, les quelques jours après Rio. On a vraiment levé le pied pour ne pas casser le bateau. Mais dans une mer croisée comme on l’a rencontrée, c’était vraiment inconfortable, le bateau tapait. Tu finis par faire corps avec ton bateau et dans ces moments-là, tu as vraiment le sentiment de le maltraiter. »

Le meilleur moment
Alex Pella : « pour moi, c’est le départ, tant j’étais content d’être là. Et l’arrivée, avec cette sensation qu’on avait vraiment respecté notre ligne de conduite du début jusqu’à la fin. »
Yves Le Blevec : « je garderai aussi un souvenir de la navigation le long des côtes de Namibie. On ne va jamais naviguer dans ces coins et pourtant ce sont des paysages fabuleux. »

En guise de conclusion
Yves Le Blevec : « on a tenu notre place. Globalement, cette course était une réussite. Sur le plan sportif, il y avait un patron, l’équipe de Gitana. Ils ont maitrisé la course de bout en bout, bravo à eux. »

TEMPS DE COURSE :

Heure d’arrivée : 12:29:22 heure française
temps de course : 32j 01h 29min 22s
Ecart Edmond de Rothschild : 3j 02h 04min 36s
Ecart Macif : 4h 45min 32s
Performance max sur 24 heures : le 19 nov –  700.5 milles à la vitesse moyenne de 29.2nds